Repas de Noël

Tu avais pourtant préparé ce week-end avec une semaine aux couleurs de la diète. Tu pensais que le repas ne serait pas si catastrophique, car tu avais oublié celui de 2016. Pourtant, 48 heures plus tard, il revient te frapper comme un wagon qui suit sa locomotive. Noël, c’est cool, mais c’est dur, très dur pour le bidou.

Le repas de la semaine rassemblé en une soirée

Dans la journée de samedi, tu as dévalisé les derniers magasins à la recherche du présent ultime et celui que tu avais surtout oublié pour la belle-mère. Tu n’avais pas le temps ou alors tu l’a clairement oublié puisque cette personne passe son temps à éplucher sous toutes les coutures ton quotidien notamment pour savoir si son fils est sous bonne garde. Le dimanche arrive à grands pas et tu as fait un bon dodo de 9 heures, car il faut veiller pour attendre le Père Noël. La journée commence donc du bon pied et tu arrives avec le sourire aux lèvres, car tu penses passer une soirée réjouissante. C’était avant de croiser même furtivement le programme alimentaire, tu penses sans doute qu’il s’agit du menu de la semaine, mais belle-maman te répond avec bonheur « non non c’est le repas de ce soir ».

Un petit rire jaune se glisse aux coins de tes lèvres, car tu le sais désormais : Noël va t’achever. Tu aurais préféré une valse à 3 temps, mais cette belle-mère a décidé de te torturer pendant des heures avec les défilés de la pré-entrée jusqu’au dessert, voire aux mignardises qui accompagnent le café. Tu as donc été dans l’obligation de dévorer le foie gras, le pain grillé, les oeufs de lump et une déclinaison de petits toasts. Bien sûr, les dattes avec la pâte d’amande étaient aussi de la partie avec ses amis les noix. Ce fut ensuite au tour de la majestueuse dinde de faire son entrée avec les marrons puis les haricots verts et si tu pensais qu’à ce stade tu pouvais dire « STOP », la belle-mère digne de Blanche Neige a décidé de continuer ton éducation culinaire. Tu as donc eu le droit aux aspis avec cette gelée que tu détestes par-dessus tout, ces terrines déclinées en multiples saveurs. Cela fait pratiquement trois heures que tu es à table et tu as l’impression d’être sur une guillotine afin d’attendre le dernier coup de grâce.

Difficile d’entrevoir la fin de ce repas

Heureusement la fraîcheur vient terminer pratiquement ce repas avec notamment les fameuses bûches glacées, mais comme une bonne nouvelle peut cacher une mauvaise nouvelle, la belle-mère t’informe qu’il y a aussi la bûche pâtissière au café bien grasse et bien lourde à digérer. Impossible de refuser pour ne pas faire de vague : « Tu vas quand même prendre un morceau de bûche », tu lui réponds bien sûr « oui belle-maman » avec un joli sourire hypocrite en te disant que tu serais tellement mieux devant la télévision même en regardant toutes les saisons des Feux de l’Amour à la suite. Ce serait une douce torture par rapport à ce repas interminable. Il est pratiquement deux heures du matin, ce n’est pas encore le moment d’ouvrir les cadeaux puisque belle-maman a prévu le café avec les mignardises. La crème brûlée et la mousse au chocolat deviennent tes pires ennemis, mais tu décides de prendre cette boisson, car de toute façon tu n’es plus à ça près.

Il est pratiquement trois heures du matin, ton rêve d’ouvrir tes cadeaux s’est littéralement envolé, tu voudrais simplement rouler jusqu’à ton lit et oublier cette soirée insupportable. Bien sûr, le repas gargantuesque n’a pas été le seul à te miner psychologiquement, tu as du jongler avec les remarques désobligeantes de l’ami de la famille, les critiques sur ton travail qui apparemment n’en est pas un ou encore les blagues potaches de l’oncle complètement bourré à la piquette. Tu apprends alors que tu es semi-consciente que le Père Noël est passé, mais tu voudrais rejoindre sa hotte pour disparaître comme la fée clochette ou t’envoler comme Mary Poppins.

Malheureusement, tu dois subir ce repas jusqu’à la dernière seconde. C’est donc l’heure de découvrir les cadeaux, enfin les cadeaux hideux que tu pourras oublier de porter. La belle-mère t’a offert une nuisette verte sachant très bien que tu détestes cette couleur, tu as bien sûr reçu un nécessaire pour préparer de bons petits plats à ton chéri, mais ils ne savent sans doute pas à quel point tu détestes la cuisine. Tu as aussi eu des cadeaux en double, certains manquent tellement d’idées que tu as reçu le même que les précédentes années.

Que la Force soit avec toi pour le Jour de l’An

Tu es désormais heureuse, la distribution est terminée et tu peux enfin rentrer chez toi. À ce moment, tu penses que la délivrance t’attend après le pas de la porte, jusqu’à ce que belle-maman prononce une énième phrase « vous revenez demain pour finir les restes ? ». Tu n’as pas le temps de répondre que ton chéri répond avec la plus grande joie « Oui ». Une réponse qui te transperce le coeur comme un chevalier qui vient d’achever son ennemi sur le champ de bataille. Le repas du 25 Décembre aura un goût de rebelote, mais ce n’est pas tout. Le Réveillon du Jour de l’An approche à grands pas, tu as donc encore deux journée à tenir avec cette belle-mère insupportable, car elle a eu la bonne idée de t’inviter pour le 31 et le 1er afin de terminer et de commencer la nouvelle année en beauté. Après 48 heures à manger comme un ogre, une pensée te traverse l’esprit : « L’année prochaine, c’est non ». Sauf que, comme toutes les années, tu recommenceras le même train-train et tu jongleras avec le côté obscur de Noël et la Force en tentant de trouver un juste milieu en mode Yoda.

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