Les Algériens protestent contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat lors d’un rassemblement à Alger. Les forces de sécurité ont tiré du gaz lacrymogène alors que les manifestants avaient organisé l’une des plus grandes manifestations de protestation de l’Algérie depuis des décennies, quelques jours avant que le président en souffrance, Abdelaziz Bouteflika, soit sur pied pour un cinquième mandat.

Les manifestants demandent au dirigeant de 81 ans de se retirer des élections du 18 avril

Une foule de manifestants a envahi de nombreuses rues de la capitale, Alger, et d’autres villes de ce pays d’Afrique du Nord, ce qui est considéré comme l’un des plus importants rassemblements de mécontentement de la population depuis la guerre d’indépendance de 1954-1962 avec la France.

Bouteflika, élu en 1999, a été victime d’un accident vasculaire cérébral en 2013 et a rarement été vu en public depuis. Il a annoncé son intention de briguer un cinquième mandat le 10 février dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle. Cette action a provoqué la colère des rues algériennes et déclenché une série de manifestations à travers le pays.

  • Il est largement admis que le président est en grande partie frappé d’incapacité, laissant les rênes du pays aux mains d’une élite civile et militaire.
  • Il devrait présenter une demande officielle de candidature à la réélection dimanche, incitant les manifestants à se mobiliser au cours de la semaine écoulée.

Le groupe opaque qui entoure le président, connu sous le nom de pouvoir, serait incapable de choisir un successeur pour assurer la continuité du Front de libération nationale, le parti au pouvoir dans le pays.

Vendredi, les manifestants ont scandé « République, pas la monarchie » et « Non au cinquième mandat », entre autres slogans refusant la continuation du mandat de Bouteflika. Sur certaines pancartes, on peut lire « laisser signifie partir ».

Pourquoi veulent-ils nous imposer un président malade qui ne peut même pas s’adresser à la nation ?

Filali Badredine, une manifestante âgée de 56 ans, dirigeante dans une entreprise privée.

Mohamed Abdellah, 58 ans, a déclaré : « Le président est malade. Tout le pays est malade. »

Les manifestants ont également appelé à la dissolution du parlement et à l’annulation des prochaines élections présidentielles.

Des dizaines de manifestants ont été arrêtés lors des manifestations de vendredi.

Une vidéo sur les réseaux sociaux a montré aux manifestants cette semaine des manifestants en train de mettre le feu à des photos de Bouteflika au milieu de sifflets et de cris de joie. Les étudiants sur les campus ont marché pour chanter des slogans réclamant sa démission. De telles scènes sont rares dans un pays étroitement contrôlé par les services de sécurité.

Le parti au pouvoir a déclaré à plusieurs reprises que les élections seraient « libres et transparentes ».

Rien ne peut empêcher le peuple algérien d’élire librement un président de la République.

Premier ministre Ahmed Ouyahia, selon le service de presse algérien.

Un nombre non précisé de journalistes algériens ont été arrêtés jeudi alors qu’ils organisaient une manifestation appelant à une plus grande liberté de la presse et à des réformes de la politique, a rapporté l’agence de presse.

Dans le même temps, les services de sécurité ont lancé un avertissement concernant de fausses nouvelles afin de « nuire à l’opinion publique », a rapporté le journal.

Les autorités auraient partiellement coupé les services Internet dans tout le pays. De multiples perturbations de l’Internet ont été détectés en Algérie, y compris des fermetures de réseau ciblées impliquant notamment les principales zones de protestation d’Alger, Tizi Ouzou et Bordj Menaiel.

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