L’eau est l’élément indispensable à la vie d’une culture. Il est ainsi d’une grande importance pour les exploitants agricoles d’en assurer l’irrigation, surtout dans les régions où elle est rare. Mais comment assurer le pilotage de l’irrigation à la parcelle ? Voici quelques éléments de réponses.

Les recettes : s’en servir de base pour son irrigation

Il existe des recettes que l’on peut se procurer au niveau des Chambres d’agriculture, des instituts techniques, des coopératives agricoles ou des constructeurs. Ce sont des conseils présentés sous forme de fiches techniques ou de bulletins d’information qui permettent de tracer un calendrier d’irrigation et d’avoir une notion de base pour éviter certaines erreurs. Toutefois, les recettes ne tiennent pas toujours compte de la réalité du terrain. De ce fait, pour adapter les conseils à ses propres cultures et ainsi assurer un pilotage de l’irrigation efficace, il convient de demander conseil auprès d’un organisme de conseil agricole actif de sa région.

Le bilan hydrique

Le bilan hydrique représente une équation qui considère plusieurs grandeurs : la pluviométrie, la teneur volumique en eau du sol, l’évapotranspiration, et les apports d’eau par l’irrigation. Si ces données sont fiables, elles permettent un pilotage idéal de l’irrigation sur de nombreuses parcelles à la fois. Pour ce faire, il faut comprendre et appliquer l’équation qui suit : État hydrique sol jour n = État hydrique du sol jour n-1 + Précipitations + Irrigation – Évapotranspiration.

Il faut toutefois savoir que ces données ne sont pas toujours d’une grande précision, ce qui fait du bilan hydrique un outil peu adapté pour une irrigation de pointe. Cet outil est plutôt recommandé dans les situations où l’irrigation requiert moins de vigilance : région riche en eau, eau peu onéreuse, etc.

Les outils dédiés à la mesure en eau in situ

Les outils liés à la mesure in situ sont réservés à des situations où il est nécessaire d’appliquer un pilote d’irrigation de précision : production intensive, région où les ressources en eau sont limitées, coût onéreux de l’eau, main-d’œuvre qualifiée, etc. Les mesures se font au niveau du sol pour évaluer la teneur en eau et la force de tension, ou au niveau de la culture pour identifier l’éventuelle présence de stress hydrique préjudiciable. On retrouve plusieurs outils de mesure :

Les sondes tensiométriques

Les sondes tensiométriques servent à mesurer le potentiel hydrique du sol, c’est-à-dire les forces de liaison entre le sol et l’eau. Le dispositif est constitué d’un tube rempli d’eau et d’une bougie poreuse en contact avec le sol. L’eau contenue dans le tube se met alors en contact avec la solution du sol pour provoquer une dépression dans le tube. La dépression va ensuite être mesurée par un manomètre, un capteur de pression ou une colonne de mercure. Le chiffre obtenu va être corrélé au potentiel hydrique du sol. Cet outil de mesure est pratique et peu onéreux. Toutefois, lorsqu’un certain seuil de degré de potentiel hydrique est passé, il devient moins précis.

Les capteurs à matrice granulaire

Il s’agit de sondes qui mesurent la résistivité électrique au niveau d’une matrice poreuse via deux électrodes implantées dans le sol. La résistivité électrique est ensuite convertie en potentiel hydrique. L’outil peut être relié en batteries connectées à un boîtier enregistreur pour obtenir plusieurs points de mesures. Les capteurs à matrice granulaire ne représentent pas une énorme dépense pour des sondes indépendantes, mais lorsqu’un boîtier enregistreur est intégré, le coût devient plus important.

Les sondes capacitives

Les sondes capacitives permettent d’obtenir la mesure de la teneur en eau du sol grâce à des capteurs implantés à différents niveaux de profondeurs. Ces derniers envoient des signaux électriques qui sont ensuite évalués et retranscrits en teneur en eau du sol.

Les sondes PEPISTA®

Les sondes PEPISTA sont surtout sollicitées en viticulture et en arboriculture. Cette méthode est dite dendrométrique, car elle permet de mesurer la croissance par jour du diamètre de la branche, du tronc ou du fruit au centième de millimètre. La croissance est ensuite décomposée en deux modalités : la croissance nette et la perte de diamètre. Ces résultats sont ensuite interprétés en vue d’une irrigation efficace.

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