C’est une victoire totale sur la guerre des territoires contre Daech, Baghouz, le dernier rempart de l’État Islamique a été libéré par les Forces Démocratiques Syriennes ce 23 mars 2019. Fin d’une lutte qui depuis 2014, vise à récupérer un à un tous les bastions occupés par ce califat autoproclamé. Ultime étape du combat acharné de la coalition anti-terroriste ces dernières années, cette avancée incontestable ne réduit en revanche pas à néant l’organisation terroriste encore pérenne. 

Daech recule : 5 ans de lutte

210 000 kilomètres carrés, soit environ la superficie de la Grande-Bretagne, c’est l’ensemble des terres qu’occupait l’État Islamique en 2014, entre l’Irak et la Syrie. L’organisation, alors au sommet de sa puissance, fait régner la terreur dans la zone, s’approprie les villes, enrôle ou exploite les civils et perpétue dans le même temps, des attentats atroces jusqu’en Europe.

Depuis la coalition anti-terroriste, oeuvre au quotidien pour récupérer les terres occupées et libérer les populations locales, dans l’espoir de réussir à anéantir l’organisation terroriste, et de faire stopper les attaques partout dans le monde.

En 2015, on constate un premier recul géographique, l’organisation perd près de 15% de son occupation, et le point stratégique de la ville kurde de Kobané. C’est ensuite tout l’espace frontalier avec la Turquie qui est repris, l’État Islamique perd ici sa principale source de ravitaillement. En 2017, la reconquête de Mossoul constitue un affaiblissement sans précédent de l’organisation puisque la ville était le poumon économique de Daesh.

Forts de leurs victoires, la coalition et les États-Unis en particulier, n’ont cessé d’intensifier les frappes aériennes, combiné avec des appuis au sol pour en arriver aujourd’hui à la libération complète des lieux occupés par l’État Islamique.

État Islamique : chute et fin ?

Malheureusement, la victoire des territoires ne constitue pas la fin pure et simple de Daesh. On ne peut même pas établir l’affaiblissement de leur rang qui compte encore entre 20 000 et 30 000 combattants. Il semblerait plutôt que l’organisation ait changé de stratégie, occupant plutôt une position de défense ces dernières années, l’EI opte pour des groupements de combattants clandestins. Dans le même temps, Daesh renforce et créé de nouvelles structures furtives à l’extérieur et notamment en Europe, facilitant ainsi les attaques terroristes dans chaque secteur géographique.

C’est indéniablement un moyen stratégique d’affaiblissement des états sur leur propre sol. Les dirigeants se voient contraints de s’occuper de leur sécurité interne plutôt que des frappes à l’étranger. Chaque attaque terroriste partout dans le monde est aussi l’occasion d’une propagande bien orchestrée qui suçote l’embrigadement de nouveaux combattants au nom de l’État Islamique.

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