Avec plus d’un milliard de pertes en 2018, le groupe Auchan Holding, qui regroupe les magasins Auchan, la banque Oney et la foncière Ceetrus est en bien mauvaise posture. L’association Familiale Mulliez (AFM) affirme que ces résultats insatisfaisants sont dus aux dépréciations d’actifs, principalement dans son pole distribution qui représente tout de même prêt de 80% du chiffre d’affaires. Le fait est que les supermarchés en général sont en déclin et que le groupe n’a pas su prendre le virage à temps alors que le secteur est en pleine mutation.

La fin des supermarchés ?

Depuis quelques années déjà, les modes de consommation ont changés, les clients sont mieux informés et ils deviennent de plus en plus exigeants. Fini de mettre dans son assiette tout et n’importe quoi pourvu que ce ne soit pas trop cher. Le consommateur est attentif à la provenance du produit, privilégiant le circuit court, les produits de qualité, le bio et ils sont prêt à mettre la main au porte monnaie pour cela. Les grandes surfaces qui basaient toute leur communication sur les prix bas et se menaient une véritable concurrence en ce sens doivent réinventer toute leur stratégie commerciale.

Pendant ce temps, beaucoup ont déserté les allées des magasins pour un retour aux commerces de proximité. Des concurrents comme Carrefour, ont su prendre le train en marche et opèrent de grands changements dans leur processus de vente, dans la présentation des produits, dans la communication afin de tendre vers la recherche de la clientèle a savoir la qualité avant le prix. Auchan a tardé, maintenant il va falloir mettre les bouchées doubles pour rattraper au risque de tout voir s’effondrer.

Une stratégie drastique

Plus le temps de traîner, Edgard Bonte, nouveau président du directoire de la holding, affirme devoir en passer par des arbitrages et des renoncements.

Le groupe a déjà céder prêt de la moitié de ses parts d’Oney banque au groupe BPCE. Les investissements vont être réduits de moitié et dans le même temps une analyse complète des magasins va être effectuée afin d’estimer les pertes et de pouvoir soit redresser soit réformer.

L’idée étant de regrouper les différentes structures (drive, supermarchés) dans ce qu’on appelle les « zones de vie », pour répondre au besoin de proximité et de services.

Les résultats sont attendus à court terme et aucun plan de licenciement n’est envisagé à l’heure actuelle en France. Les salariés du groupe montrent pourtant une certaine inquiétude quand à la pérennité de leur emploi face à cette nouvelle crise dans un contexte politique extrêmement tendu.

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