On parle souvent de Google pour son hégémonie dans le secteur de l’internet, ses pratiques, parfois contestables, et ses succès, mais moins pour ses échecs. Pourtant, la fermeture de Google+, tentative de la firme de la Silicon Valley pour se faire une place dans le monde des réseaux sociaux, sonne comme un échec retentissant.

Une tentative de contrer l’hégémonie de Facebook

C’est ce mardi 2 avril que la fermeture de Google+ est devenue effective, même si elle était annoncée depuis un moment. En soi, la nouvelle ne provoquera pas de gros remous, sachant que les internautes ayant un compte sur ce réseau social et l’utilisant régulièrement étaient peu nombreux et, statistiquement, restaient en moyenne sur le réseau l’espace de quelques secondes, symbole de l’échec cinglant de Google pour se faire une place parmi les réseaux sociaux, notamment à côté de Facebook, géant du secteur. Échec d’autant plus patent que Google était allé assez loin pour conquérir de nouveaux utilisateurs, rendant même obligatoire la création d’un compte lors d’une inscription sur Gmail, le service de messagerie électronique de Google. Mais cette injonction à adopter Google+ n’aura eu aucun effet, car beaucoup d’internautes ignoraient tout bonnement avoir un compte Google+ ou alors ne l’utilisaient pas.

Échec technique et conséquences limitées

Si la fermeture de Google+ est la conséquence d’une incapacité à rendre le réseau attractif, elle marque également un échec technique. En effet, en octobre dernier, le Wall Street Journal révélait qu’une grave faille de sécurité du réseau avait mis en danger les données d’environ 500 000 utilisateurs. À partir de là, l’issue était inévitable. En termes de conséquences, concrètement, elles sont les mêmes que pour n’importe quelle fermeture de site : les comptes ont été supprimés, ainsi que les liens et les pages amenant au réseau.

Ceci dit, l’impact de la mesure reste limité, les utilisateurs de G Suite pouvant encore utiliser une version repensée de Google+. Quant aux autres, ils devront désormais se tourner vers d’autres réseaux sociaux, ce qui, objectivement, ne changera quasiment rien étant donné que le nombre d’internautes utilisant exclusivement Google+ comme réseau social était de toute façon marginal. Certains ne manqueront d’ailleurs pas de relever que Facebook reste très populaire tout en étant très décrié sur ses règles de confidentialité alors que Google+, dont le fonctionnement mettait justement au départ l’accent sur le respect de la vie privée, n’a jamais séduit. Mais le web n’est pas à un paradoxe près.

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