Le hijab de running à 8 euros, de la gamme Kalenji de Decathlon, ne sera pas commercialisé en France. L’enseigne française renonce finalement à la vente du voile musulman de course face aux menaces populistes et à la désapprobation d’une grande majorité de politiques.

Decathlon et son hijab de course

Créée en 1976 par Michel Leclercq, Decathlon est une enseigne française de distribution des articles de sport et de loisirs. Ce groupe a prévu de commercialiser son hijab de course en France à partir de la mi-mars. La mode islamique fait des émules parmi les grandes marques d’équipements de sports en Europe, au Japon et aux États-Unis. Habituellement vendus dans des pays de confession musulmane où le port du voile est imposé aux femmes, la vente du hijab, du burkini et des vêtements pour musulmanes, explose dans des pays non musulmans.

Cependant, en France, la « mode pudique » reste un sujet controversé, qui attire régulièrement l’ire des populistes et des élus. Pour la petite histoire, le port du burkini (maillot de bain intégral) et Mennel (une jeune femme voilée qui a participé à « The Voice » sur TF1), ont suscité de vives polémiques sur les réseaux sociaux. En présentant sur la toile son hijab de running dans la gamme Kalenji, l’enseigne Decathlon s’attendait à faire de bonnes affaires et était loin d’imaginer les violentes réactions (insultes et menaces) des anonymes et la désapprobation des politiques sur Twitter. Ces derniers estiment que la marque privilégie les arguments marketing aux valeurs républicaines françaises.

L’actualité polémique concernant Decathlon et le hijab

Le marché du vêtement islamique et la pratique du sport

Thomson Reuters estime le marché du vêtement islamique pour la femme voilée à 240 milliards d’euros. Les prévisions pour 2023 font état d’un chiffre encore plus élevé (environ 320 milliards d’euros). C’est un créneau investi par les grands groupes de distribution des vêtements et accessoires de sport comme le Suédois H&M, l’Anglais Marks & Spencer et le Japonais Uniqlo. La marque américaine Nike propose même le hijab de course à 30 euros. En voulant s’engouffrer dans cette brèche, la marque Decathlon se retrouve face à de violentes réactions des anonymes et des politiques de son pays sur les réseaux sociaux.

Certains tweets sont insultants et menaçants. Face au tollé général et pour assurer la sécurité des employés, Xavier Rivoire (directeur commercial de la marque) a annoncé sur les antennes de RTL, mardi 26 février, l’abandon du projet de commercialisation du hijab de running en France.

Xavier Rivoire fait marche arrière

Les valeurs républicaines françaises en danger

Certaines personnes estiment que la loi n’interdit pas la vente du hijab et qu’il répond à un besoin sportif réel. Aurélien Taché (député LRM du Val d’Oise) estime que les Français peuvent se passer de cette obsession du voile et de l’islam. Cependant, d’autres personnalités comme Agnès Buzyn (ministre de la solidarité et de la santé), Aurore Bergé (députée des Yvelines et porte-parole LRM) et François Bayrou (président du MoDem) estiment que le hijab des sportives met en danger les valeurs républicaines.

Gérard Larcher (président républicain du Sénat), Nicolas Dupont-Aignan (président de Debout la France) et Valérie Rabault (présidente PS à l’Assemblée nationale) renchérissent et appellent au boycott d’une mode qui enferme la femme. Corinne Lepage (ministre de l’environnement sous Jacques Chirac) estime que c’est une honte qui va faire perdre des clients à Decathlon.

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