Après le suicide de deux policiers, l’intersyndicale policière demande à être reçue par le ministre de l’Intérieur. Le plan de lutte contre les suicides dans la police doit devenir une cause nationale et doit être décrété priorité ministérielle, un communiqué souligné par l’organisation policière. Vingt-huit policiers se sont donné la mort depuis le début de l’année.

Ce malaise, il est devenu banal

Les conditions matérielles, le manque de moyen humain, la pression constante mettent à mal les policiers en France. La pression au chiffre est de plus en plus présente. En effet, les policiers pour la plupart doivent faire rentrer de l’argent avec les amendes. La plupart n’ont pas pris l’uniforme pour cela, mais pour venir en aide à la population. Pour eux, verbaliser, c’est leur quotidien sinon ils sont sanctionnés. Les chiffres des suicides sonnent comme un record, plus de vingt-huit policiers se sont déjà donné la mort depuis le début de l’année. C’est un sombre décompte. Ce sont des actes de désespoir, la perte du sens du métier, l’épuisement psychologique, les causes sont multiples. Policiers aux frontières, brigade anti criminalité, CRS, centres de commandements, le phénomène ne semble pas cantonner à un seul secteur.

Une profonde usure

Le métier déstabilise ceux qui l’exercent. Le travail de nuit à répétition, l’exposition à des scènes de plus en plus violentes peuvent traumatiser les policiers et leur vie est impactée d’où bien souvent le passage à l’acte dans des moments de désespoir. Peu soutenus par leur hiérarchie, par la population dans sa grande majorité, les policiers se retrouvent seuls face à un désintérêt total. Avant les attentats du Bataclan en 2015, les policiers laissaient leur arme au bureau. Aujourd’hui, le contexte a changé, tous peuvent être acteurs à tout moment d’actes terroristes. Ils rentrent chez eux avec leur arme. La pression, l’insécurité sont omniprésentes. La grande majorité des policiers qui se sont donné la mort rencontraient des difficultés familiales. Leurs conditions de travail épuisantes ont forcément un impact négatif sur leur vie quotidienne.

Le taux de suicide chez les policiers reste largement supérieur

En France, on compte 16 suicides pour 100.000 personnes chaque année contre 30 pour 100.000 chez les policiers. Ils sont continuellement en deuil. Ils sont à vingt-huit suicides depuis le début de l’année, un agent tous les quatre jours. Pour eux, ce n’est plus possible. Il est grand temps que l’administration prenne enfin la mesure du problème. Pour eux tout a commencé depuis l’époque terroriste à cela s’ajoutent les crises sociales, les manifestations à répétition, car ils doivent assurer la sécurité. Le manque de moyens entraîne des difficultés constantes. Pour tenter de répondre à ce malaise, Christophe Castaner a annoncé la semaine dernière la création d’une cellule « alerte prévention suicide », une revendication de longue date des syndicats de police. Les conditions de travail sont de plus en plus compliquées, tantôt adulés puis détestés par la population, les policiers sont aujourd’hui en souffrance.

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