Le cerveau est malheureusement bien loin d’être inaltérable. Il ne cesse d’évoluer et de se modifier au fil du temps. Cette évolution est bien sûr en grande partie naturelle, mais elle peut également être causée par diverses pathologies. La maladie d’Alzheimer est l’une des maladies cérébrales les plus connues. Elle modifie le cerveau de la personne qui est atteinte, certaines fois de manière spectaculaire. Il est même possible d’observer une diminution de la taille de certaines structures cérébrales bien avant que les premiers troubles cognitifs n’apparaissent. 

Alzheimer, une maladie qui interroge

On dit de la maladie d’Alzheimer qu’elle est neurodégénérative, tout comme le sont la maladie de Parkinson et la maladie de Huntington. Elle survient la plupart du temps après 65 ans. Egalement considérée comme un type de démence, ses symptômes apparaissent lentement et s’aggravent avec le temps. Ces derniers se résument généralement en une perte de la mémoire, des troubles du comportement, une perte de repères et une difficulté des gestes du quotidien. Nombreuses sont les études qui montrent que cette pathologie cérébrale apparaît plus de quinze ans avant même l’apparition des premiers symptômes cliniques. Mais la maladie d’Alzheimer interroge : quand le cerveau d’une personne malade diverge t-il de celui d’une personne saine ?

Dès lors qu’il est touché par la maladie d’Alzheimer, le cerveau subit de nombreuses modifications. Mais ces changements différent pleinement de l’évolution naturelle qu’il est possible d’observer sur un cerveau vieillissant. Pour mieux comprendre ce phénomène, des chercheurs ont analysé un peu plus de 4000 IRM. En modélisant ces clichés, une étude franco-espagnole est parvenue à montrer une déchéance précoce de l’amygdale et de l’hippocampe.

Une atrophie cérébrale décelable dès 40 ans

La dégradation cérébrale liée à Alzheimer serait en fait visible dès l’âge de 40 ans. Pour parvenir à cette conclusion, formulée par des chercheurs du CNRS, de l’Université de Valence en Espagne et de l’EPHE (Ecole pratique des hautes études), il a fallu réaliser un travail de comparaison entre des clichés d’IRM de sujets sains et malades. Parue dans Scientific Reports, leur expertise révèle que l’hippocampe, structure cérébrale impliquée dans la mémoire, et l’amygdale, qui possède un rôle dans les émotions, sont toutes les deux atrophiées.

La première étape de leur étude porte sur l’observation de l’évolution cérébrale moyenne et naturelle sur des sujets sains. Les chercheurs ont choisi des personnes de tout âge, allant de quelques mois à 94 ans afin de construire un modèle ordinaire de l’évolution moyenne du cerveau. Pour la seconde étape de leur recherche, les scientifiques ont étudié deux groupes de sujets : le premier constitué de sujets malades âgés de plus de 55 ans, le second d’un groupe témoin de sujets jeunes. L’étude révèle une divergence anticipée des modèles malades comparée au trajet normal du vieillissement.

Sur les deux structures cérébrales réputées pour s’atrophier lors de la maladie d’Alzheimer, les modèles des sujets sains et malades bifurquent, parfois même dès l’âge de 40 ans. Enfin, une seconde observation a été relevée : les ventricules latéraux, qui sont des cavités internes du cerveau, auraient tendance à se dilater de façon prématurée sur les sujets malades. Mais cette remarque a un intérêt moindre, car cette distension est tout simplement due à la vieillesse et visible sur des sujets sains plus âgés.

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