Les échanges commerciaux sont de plus en plus en mauvaise posture. Cette tendance, enregistrée depuis le dernier trimestre de 2019, a été marquée par des prévisions de croissance des échanges internationaux premièrement estimés à 2,6 %, pour finalement être revus à la baisse et ne s’élever plus qu’à 1,2 %. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’une telle décrue est remarquée, car en 2009, même si les statistiques n’ont jamais été au plus bas, le commerce mondial avait également chuté de 10 %. Aujourd’hui, avec le conflit sino-américain et la situation sanitaire liée au Coronavirus, il est encore plus difficile de déterminer à combien s’élèvera la facture économique au cours de l’année 2020. Les spécialistes parlent même d’une baisse à deux chiffres.

La guerre commerciale en cause

Contrairement à ce qui s’est produit dix ans plus tôt, la cause du recul du commerce international de 2019 n’est pas le fruit d’un blocage financier, mais plutôt d’un conflit commercial opposant les États-Unis d’Amérique et la Chine. En effet, en 2019, les USA décident de surtaxer les produits chinois afin de conserver le précieux « made in USA ». Les États-Unis accusent de plus en plus la mondialisation massive des chaînes de production et clament une hausse du protectionnisme.

Si dans les années 80 les pays développés ont, en effet, procédé à une délocalisation de leurs productions vers des pays où la main-d’oeuvre est fort abordable, les USA rejettent aujourd’hui ce modèle et voient désormais la Chine en tant que véritable rival. Le pays qui, jusqu’en 2009, n’était que la « grande usine du monde » en fournissant des produits finis au reste du monde, commence à faire preuve d’une montée de gamme et se lance dans des recherches afin de s’imposer en tant que Numéro 1 mondial dans le secteur de la technologie, sans oublier de booster son marché intérieur.

Inquiets, les États-Unis se méfient de plus en plus du pays qu’ils considéraient jusqu’ici comme un simple sous-traitant et décident de tourner désormais le dos à la mondialisation. Vers le troisième trimestre de 2018, les droits de douane sur les produits provenant de Chine s’élèvent à 3 % pour finalement doubler au début de l’hiver de la même année. En 2019, ils n’ont pas cessé de grimper, à 12,3 % vers la moitié de l’année pour plafonner à 15,4 % en septembre. Malgré une période plus calme au bout de quelques mois, vers la fin de l’année 2019, les taxes de 13,8 % sur les produits de la Chine finissent par rendre les investisseurs pessimistes et entraîner un ralentissement des activités entre les deux plus grandes puissances mondiales.

Le commerce international en recul ralentit les échanges maritimes

Le commerce international n’est pas la seule victime de cette baisse, car le fret maritime a également subi un ralentissement conséquent depuis 2018. Si sa croissance est de 4,1 % en 2017, elle est réduite de moitié l’année suivante. La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a, à elle seule, réduit de 2 % les échanges mondiaux. Cette baisse est d’ailleurs remarquée à travers la position des navires de transport de marchandises. Malgré tout cela, le fret maritime a tout de même réussi à dépasser les 11 milliards de tonnes de marchandises transportées au cours de cette année et les transitaires maritimes tels que M2R se sont démarqués au cours de l’année, de par la qualité de leurs services et de leurs prix révolutionnaires. Aussi, les spécialistes sont tout de même optimistes et prévoient une hausse de 3,5 % par la suite.

transport maritime commerce international

La pandémie du coronavirus fortement pointée du doigt

Il n’échappe à personne que la crise sanitaire que connaît aujourd’hui le monde impacte fortement sur les activités économiques de la planète entière. Afin de protéger l’état de santé des nombreux acteurs du secteur, des mesures ont dû être mises en place, en sachant que les conséquences seront désastreuses, autant pour les individus que les entreprises, selon les déclarations de l’Organisation Mondiale du Commerce. La situation étant encore trouble, il est encore impossible de déterminer les conséquences économiques de cette crise sans précédent.

L’OMC pense toutefois que les répercussions seront beaucoup plus désastreuses que celles de la crise financière mondiale de la décennie précédente, à hauteur d’une baisse à deux chiffres et qui sera particulièrement éprouvante pour l’Amérique du Nord et l’Asie, dont la baisse des exportations respectives pourraient atteindre les 40 et les 36 %. Moins catastrophique, mais pas de bon augure pour autant, le bilan pour l’Europe est également estimé à plus de 30 %. Seuls seront épargnés par cette crise commerciale, l’Afrique, le Moyen-Orient et la Communauté d’États Indépendants (CEI). Les échanges commerciaux pourraient, rien que pour l’année 2020, chuter de 13 à 32 % à cause du Covid-19, sur presque toutes les régions du monde, ce qui représente la plus grande crise économique de l’histoire de l’humanité.

Qu’en est-il de la reprise prévue en 2021 ?

Malheureusement, il est encore trop tôt, même si le Coronavirus sévit depuis la fin de l’année 2019, d’estimer si une reprise peut être envisagée pour l’année prochaine. Tout dépendra principalement de la durée de la pandémie et de la maîtrise de la crise à travers des mesures efficaces. Si la crise est rapidement et efficacement maîtrisée, une reprise du commerce international est envisageable et peut réduire les pires scénarios pour estimer la baisse à entre 21 et 24 %. Le directeur de l’OMC, Roberto Azevêdo, est tout de même confiant et annonce qu’avec une reprise rapide et solide, le pire peut être évité.

Il en appelle à l’union des pays touchés pour aider à une croissance plus rapide du commerce mondial, sans oublier de maintenir l’ouverture des marchés et un climat favorable pour y parvenir. Dans le meilleur des scénarios, la reprise, si elle est suffisamment rigoureuse, peut amener à une tendance approximative de celle enregistrée avant la crise sanitaire, tandis que le scénario pessimiste tendra à confirmer les inquiétudes des experts et annonce une baisse brutale des échanges commerciaux au cours de l’année. Ces deux scénarios n’excluent malheureusement pas les impacts nocifs sur l’économie de presque toutes les régions du monde et annonce que si les autres zones sont épargnées, ce sera sans doute dû au fait qu’elles sont particulièrement dépendantes de l’exportation de produits énergétiques qui ne subissent pas les effets des changements de prix.

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